Le gouvernement nigérien a officialisé, sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), marquant une nouvelle étape dans la recomposition de sa politique étrangère depuis l’arrivée des autorités de transition.
Dans un communiqué rendu public, les autorités dénoncent « une juridiction instrumentalisée, à la solde de puissances étrangères, qui s’acharne de manière disproportionnée sur les dirigeants et les peuples africains ». Le texte évoque également une « justice à deux vitesses » et un « mépris persistant pour la souveraineté des États ».
Cette décision intervient dans un contexte de vives tensions entre le Niger et plusieurs institutions internationales, alors que le pays est dirigé par un pouvoir militaire depuis le coup d’État de juillet 2023. La CPI avait ouvert des enquêtes préliminaires sur des allégations de crimes commis durant les opérations antiterroristes menées dans la région du Sahel, sans toutefois délivrer de mandats à ce stade.
Le retrait du Niger, qui devient le dixième État africain à quitter la CPI ou à menacer de le faire, relance le débat sur les relations entre l’Afrique et la justice pénale internationale. L’Union africaine, qui avait déjà appelé par le passé à un retrait collectif, n’a pas encore officiellement réagi.
La CPI, de son côté, a pris acte de cette notification, tout en rappelant que le retrait n’entrera en vigueur qu’à l’issue d’un délai d’un an, conformément au Statut de Rome. Les enquêtes en cours ou déjà ouvertes avant cette date restent, en principe, de la compétence de la Cour.
Cette annonce s’ajoute à une série de décisions souverainistes du Niger, qui a déjà acté le départ des forces militaires étrangères et la renégociation de plusieurs accords de coopération ces derniers mois.
