Le ton monte entre N’Djaména et les opérateurs télécoms. Le ministre des Télécommunications, Haliki Choua Mahamat, a reçu une délégation de Maroc Telecom menée par son directeur exécutif international, Brahim Boudaoud. Motif, la colère des Tchadiens face à un réseau mobile défaillant, qui paralyse l’économie et exaspère la population.

Un mois plus tôt, le 4 juin, le ministre avait déjà convoqué les patrons locaux de Moov Africa et d’Airtel pour leur signifier son ras-le-bol. Cette fois, il a exigé la venue de la maison mère. Entouré du régulateur, du Médiateur, de parlementaires et des conseillers TIC de la présidence, Haliki Choua Mahamat a haussé le ton.

« Faire face à une mauvaise qualité ou à l’inexistence du réseau, c’est la vie économique, sociale et sécuritaire du pays qui est en jeu », a-t-il asséné. Il a surtout balayé l’éternel argument du manque de carburant avancé par les opérateurs. Rappelant qu’à son passage à l’ARCEP, des permis d’importation leur avaient été octroyés sans résultat, il a intimé à Moov Africa l’ordre de sécuriser son approvisionnement énergétique ou de migrer sans tarder vers le solaire et l’éolien.

Brahim Boudaoud a tenté de défendre le bilan de sa filiale, héritière des contrats Tigo depuis 2018. Il a assuré que Moov Africa Tchad était « numéro un en qualité et services » et a promis de nouveaux investissements. Une réponse jugée trop timide par le ministre, qui exige désormais que les efforts concernent tout le territoire, « pas uniquement N’Djaména ou les grandes agglomérations », et que l’opérateur se raccorde sans délai à la fibre optique déployée par l’État.

Avant de clore une réunion d’une fermeté rare, Haliki Choua Mahamat a prévenu il « prendra ses responsabilités » si les engagements ne sont pas respectés. Avant de lâcher, en guise d’avertissement, une formule qui claque « Quoi qu’il advienne, le Tchad survivra toujours. »

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