Limogé de son poste de Premier ministre par l’homme à qui il avait cédé la candidature présidentielle, Ousmane Sonko a livré une réaction aussi brève qu’éloquente « Alhamdoulillah (Louange à Dieu). Ce soir, je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui. » Un aveu à peine voilé : l’exercice du pouvoir à la tête du gouvernement lui apparaissait comme un fardeau, alourdi par des tensions intestines que son éviction vient brutalement exposer.

La rupture est désormais actée, mettant en lumière le malaise profond qui gangrenait les relations au sommet de l’État entre le chef du gouvernement et le président de la République. En choisissant d’évoquer Keur Gorgui ce quartier dakarois où se niche sa résidence privée, théâtre de ses longs mois de résidence surveillée sous l’ancien régime Ousmane Sonko orchestre un retour symbolique à la vie civile. Il renoue avec son fief, sa base, et tourne spectaculairement le dos aux ors des palais officiels.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *