Pour le chef de l’État, le système hérité de l’après-guerre est à bout de souffle structurellement incapable, selon lui, de résorber le déficit de financement colossal auquel le continent est confronté quelque 400 milliards de dollars par an.

Devant un parterre de décideurs économiques, Alassane Ouattara a fustigé un ordre financier mondial foncièrement déséquilibré, où les pays africains empruntent à des taux deux à quatre fois plus élevés que les nations développées. Une distorsion qu’il impute à une évaluation biaisée des risques. Pour corriger cette perception, il a salué la création de l’Agence de notation financière panafricaine une riposte stratégique destinée à mieux refléter les fondamentaux macroéconomiques réels du continent.

Le président ivoirien n’a pas non plus mâché ses mots sur l’injustice climatique. L’Afrique, responsable d’une part infime des émissions mondiales, ne perçoit que 2 % des financements verts, alors qu’elle subit de plein fouet les impacts les plus violents du dérèglement climatique. Il appelle dès lors à une réforme fondée sur trois piliers équité, efficacité et soutenabilité pour doper l’industrialisation sans creuser davantage le fardeau de la dette.

Dans cette quête de transformation, Alassane Ouattara place ses espoirs dans la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD). Ce cadre repensé doit pousser les banques multilatérales de développement à accélérer leur mue, afin de mieux répondre aux priorités vitales du continent, de l’innovation à la transformation structurelle des économies locales.

Par cet appel puissant lancé depuis Nairobi, la Côte d’Ivoire consolide son rôle de figure de proue dans la bataille pour une gouvernance mondiale plus inclusive. Avec un objectif assumé : métamorphoser les mécanismes financiers internationaux en leviers de croissance souveraine, pour permettre à l’Afrique de financer son émergence, à la hauteur de son immense potentiel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *