Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), figure de l’opposition tchadienne, a adressé ce 23 avril 2026 une lettre ouverte aux grandes institutions internationales et à plusieurs puissances étrangères. À travers ce document, l’organisation appelle à une prise de responsabilité face à la situation politique et sécuritaire au Tchad, qu’elle juge particulièrement préoccupante.

Dans sa correspondance, le GCAP indique avoir lancé, le 8 avril dernier, un appel à une marche pacifique destinée à dénoncer les atteintes aux droits civiques et politiques, ainsi que les restrictions des libertés publiques. Cette initiative vise, selon ses auteurs, à exiger le respect de l’État de droit et à restaurer la justice sociale.

Le regroupement politique dresse un tableau sombre de la gouvernance actuelle, évoquant une succession d’actes qu’il qualifie de graves violations des droits humains. Il cite notamment des cas d’enlèvements, de détentions arbitraires, de tortures et d’assassinats, qui, selon lui, se dérouleraient dans un climat d’impunité généralisée.

Le GCAP revient également sur des événements marquants de ces dernières années, dont les manifestations du 20 octobre 2022 ayant entraîné la mort de nombreux jeunes, ainsi que l’affaire Yaya Dillo en 2024. L’organisation déplore l’absence d’enquêtes indépendantes et crédibles sur ces dossiers, malgré les engagements annoncés par les autorités.

Dans le même registre, la lettre mentionne des arrestations et condamnations jugées arbitraires de personnalités politiques, syndicales et médiatiques. Elle dénonce aussi des mesures administratives controversées, telles que la déchéance de nationalité de certains opposants, perçues comme des atteintes aux droits fondamentaux.

Au-delà des cas individuels, le GCAP affirme que plusieurs centaines de Tchadiens auraient été contraints à l’exil pour des raisons politiques, tandis que d’autres auraient rejoint des groupes armés, faute d’alternatives face à ce qu’il considère comme une marginalisation persistante.

Face à cette situation, l’organisation interpelle directement les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne et d’autres partenaires internationaux. Elle leur reproche leur silence ou leur passivité, estimant que cela contribue à maintenir un climat d’impunité et à fragiliser davantage les principes démocratiques.

Enfin, le GCAP met en garde contre de possibles violences lors de la marche prévue le 2 mai prochain. Il appelle les partenaires du Tchad à user de leur influence pour garantir l’exercice pacifique du droit de manifester, conformément aux engagements internationaux du pays, afin d’éviter, selon ses termes, un nouveau drame.

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