Une rencontre de haut niveau entre les deux institutions vise à garantir à chaque enfant tchadien un enregistrement systématique à la naissance, condition sine qua non pour l’accès aux droits fondamentaux.
C’est une étape décisive dans la lutte contre l’« invisibilité » juridique. Le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Belngar Larmé Jacques, s’est entretenu ce vendredi 13 février 2026 avec une délégation de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANATS), conduite par son Directeur général adjoint, Abdel-Aziz Djassir.
Autour de la table, les équipes étaient au complet. Aux côtés du président de la CNDH, on notait la présence de Mme Diguimaye Morembaye Rose, commissaire chargée de la promotion des droits des groupes vulnérables, ainsi que du secrétaire général, Mahamat Hassan Bremé. Côté ANATS, les discussions ont réuni Brahim Ali Seïd, Coordonnateur de l’État civil, et Nassour Mahamat Zène, Directeur de la Formation et de la Communication.
Au cœur des échanges : le droit à l’identité juridique, un droit fondamental trop souvent bafoué. L’absence d’acte de naissance expose en effet les enfants à l’exclusion sociale, les privant d’accès à l’école ou aux soins. « Notre institution est résolument engagée à protéger ce droit, en particulier pour les enfants, premières victimes des lacunes de l’état civil », a martelé Belngar Larmé Jacques, soulignant la vulnérabilité accrue des plus jeunes face à ce vide juridique.
Face à ce défi, les deux parties ont convenu de la nécessité d’une collaboration institutionnelle durable. L’objectif est de d’une part, garantir un enregistrement systématique des naissances sur l’ensemble du territoire, et d’autre part, préparer un protocole d’accord. Ce texte devrait permettre de mutualiser les moyens techniques et logistiques pour moderniser et sécuriser le système d’identification national.
Abdel-Aziz Djassir a salué une « synergie d’action » qui représente « un atout majeur ». Il a rappelé les avancées déjà réalisées par son agence, citant le déploiement de 114 kiosques d’enregistrement dans les maternités à travers le pays, une phase pilote désormais étendue à la quasi-totalité du territoire. « Ce partenariat avec la CNDH renforcera notre ancrage dans une logique de droits humains », a-t-il ajouté.
La dynamique est désormais lancée. Dès ce lundi 16 février, les équipes techniques des deux institutions se réuniront dans les locaux de l’ANATS pour définir les modalités opérationnelles de leur future coopération.
Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du projet national « Enfant reconnu Enfant protégé ». Elle marque une avancée significative pour le Tchad dans l’honneur de ses engagements internationaux, visant à faire de l’identité juridique une réalité pour tous, et non plus un privilège.
