Le Soudan du Sud est confronté à une spirale alarmante de violences et à une aggravation dramatique de sa crise humanitaire. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies ce mardi, le secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a lancé un appel urgent aux dirigeants politiques, les exhortant à « reculer du bord du gouffre et à reprendre le dialogue ».
M. Lacroix a dressé un tableau sombre de la situation, marquée par une recrudescence des affrontements, particulièrement dans l’État de Jonglei, où s’opposent forces gouvernementales et groupes d’opposition. Cette flambée de violence intervient dans un contexte déjà extrêmement fragile, ravivant le spectre des guerres civiles de 2013 et 2016. Rien que dans le Jonglei, les combats auraient déplacé plus de 280 000 personnes, selon les autorités.
La catastrophe humanitaire atteint des proportions historiques. Le pays subit sa pire épidémie de choléra depuis des années, avec plus de 98 000 cas signalés depuis septembre 2024. Dans le même temps, l’aide peine à atteindre les populations : des restrictions d’accès persistent, notamment dans les zones contrôlées par l’opposition. Fin janvier, des barges transportant des vivres pour 73 000 civils ont été attaquées et pillées dans l’État du Nil Supérieur. Plus de 10 millions de Sud-Soudanais, soit une large partie de la population, dépendent aujourd’hui de l’assistance humanitaire.
Un constat accablant accompagne cette crise, le pays reste l’un des plus dangereux au monde pour les humanitaires. Les attaques contre le personnel et les infrastructures ont augmenté, passant de 255 en 2024 à 350 en 2025.
Face à cette descente aux enfers, la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) voit ses moyens sévèrement limités par des coupes budgétaires, alors même que les besoins explosent. Jean-Pierre Lacroix a toutefois souligné son rôle « dissuasif et essentiel » pour la protection des civils et le soutien à la paix.
L’appel final du responsable onusien est clair il a pressé la communauté internationale de soutenir les médiations régionales et a imploré les dirigeants sud-soudanais de privilégier la table des négociations à l’affrontement, seule issue pour éviter un effondrement total.
