Les députés français ont franchi une nouvelle étape dans le débat sensible sur la fin de vie. Ce mercredi 4 février, la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a donné son feu vert à la création d’un « droit à l’aide à mourir », lors de l’examen en deuxième lecture d’une proposition de loi à forte portée sociétale. Ce texte revient dans l’hémicycle après avoir été rejeté par le Sénat la semaine précédente.

Au cœur de cette réforme, l’article 2 du projet de loi a été adopté à main levée, après une reformulation jugée mineure par ses auteurs. Porté par les rapporteurs, cet amendement vise essentiellement à harmoniser la rédaction avec l’introduction formelle du droit à l’aide à mourir, déjà actée lors de la première lecture à l’Assemblée, selon la corapporteure Brigitte Liso, députée du groupe Renaissance.

Dans sa nouvelle version, le texte définit l’aide à mourir comme la possibilité, pour une personne ayant formulé une demande explicite, d’avoir accès à une substance létale dans un cadre strictement encadré par la loi. Cette substance pourrait être administrée par la personne elle-même ou, si son état physique ne le permet pas, par un médecin ou un infirmier, avec un accompagnement médical prévu par les dispositions légales.

La réforme continue toutefois de susciter de vives oppositions. Certains élus dénoncent un bouleversement éthique majeur, parlant de « fracture anthropologique » ou de « changement profond de civilisation ». Ils estiment que l’expression « aide à mourir » édulcore la réalité et réclament l’usage de termes plus explicites tels que euthanasie ou suicide assisté. Pour la députée Annie Vidal, cette terminologie actuelle tend à minimiser la portée des actes envisagés.

Face à ces critiques, l’initiateur du texte, le député MoDem Olivier Falorni, a maintenu sa position. Il estime que le mot euthanasie reste chargé d’un lourd passé historique, en référence aux crimes du régime nazi, tandis que l’expression suicide assisté risquerait, selon lui, de brouiller les efforts de prévention du suicide. Un débat sémantique qui reflète, au-delà des mots, la profondeur des divisions autour de cette réforme majeure.

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