Le divorce est désormais consommé. Les autorités américaines ont acté la finalisation du retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), mettant fin à près de huit décennies de participation à cette agence onusienne. Un an après l’annonce par le président Donald Trump, le ministère américain de la Santé (HHS) a confirmé l’arrêt de tout financement et le rappel de son personnel affecté à Genève.

Cette séparation, initiée par décret présidentiel en janvier dernier, laisse toutefois des contentieux en suspens. L’OMS réclame plus de 130 millions de dollars d’arriérés de contribution, tandis que Washington concède que la rupture n’a pas été « totale et sans difficultés ».

Le départ du principal bailleur de fonds historique près de 680 millions de dollars annuels fait craindre le pire pour plusieurs programmes vitaux. Des experts alertent sur l’affaiblissement de la lutte contre les pandémies, l’éradication de la poliomyélite ou encore la détection précoce des virus émergents.

« C’est l’une des décisions présidentielles les plus destructrices de ma vie », s’alarme Lawrence Gostin, spécialiste du droit de la santé à l’Université Georgetown. Il redoute un accès réduit des scientifiques américains aux données sanitaires cruciales et un ralentissement dans le développement de vaccins.

Fondateur et pilier financier de l’institution depuis 1948, Washington justifie son retrait par « la mauvaise gestion » de la pandémie de Covid-19 et le « refus de réformes » de l’agence, accusée de partialité. Une position qualifiée d’« étroite d’esprit et scientifiquement irresponsable » par le Dr Ronald Nahass, président de l’Association américaine des maladies infectieuses.

Alors que l’OMS coordonne aujourd’hui la réponse à des crises comme Ebola ou la variole du singe, et assiste les systèmes de santé les plus fragiles, son pays-hôte lui tourne le dos. Une décision unilatérale qui isole Washington au moment même où la coopération sanitaire internationale n’a jamais semblé aussi cruciale.

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