Le ministère de la Justice et des Droits Humains a frappé fort en annonçant, ce lundi, la suspension pour trois mois de trois magistrats de la Cour d’appel de N’Djamena. Sont concernés Adam Mbodou Adam, président de la Chambre d’accusation, ainsi que Brahim Abbo Abakar et Mahamat Ibrahim Issa, tous deux membres de la même Chambre. Une mesure exceptionnelle qui secoue le sommet de l’appareil judiciaire.
Selon la décision signée par le Garde des Sceaux, Dr Youssouf Tom, les trois responsables sont sanctionnés pour « manquement aux devoirs de leurs charges », une formule lourde de sens dans un secteur où rigueur et intégrité sont des exigences cardinales. Cette décision s’inscrit dans le cadre des textes encadrant la profession judiciaire, qui prévoient des sanctions disciplinaires en cas de manquement avéré.
Les services administratifs et judiciaires ont été instruits de mettre en œuvre immédiatement la suspension. Cette affaire, qui intervient dans un contexte de fortes attentes citoyennes en matière de justice et de transparence, ouvre de nombreuses interrogations : défaillance individuelle, dysfonctionnement institutionnel ou signal fort d’un exécutif déterminé à assainir la magistrature ? Une chose est sûre : cette suspension redessine les lignes d’un secteur souvent critiqué et pourrait marquer un tournant dans la lutte pour une justice crédible et impartiale.
