Une mission conjointe d’évaluation sécuritaire est en cours dans les zones humanitaires de l’Est du Tchad. Placée sous la direction conjointe du représentant du ministre de la Sécurité publique, le général Ismaël Massour, et du Coordinateur Résident du Système des Nations Unies, cette initiative rassemble six ministères sectoriels. Son objectif principal est de cerner avec précision les défis de sécurité auxquels sont confrontés les réfugiés et les travailleurs humanitaires.
Le 16 octobre dernier, la délégation s’est rendue dans le camp de Farchana, un site emblématique de la crise. Situé à environ 110 km à l’est d’Abéché, dans la province du Ouaddaï, ce camp ouvert en 2024 est devenu un point névralgique pour l’accueil des réfugiés fuyant le conflit au Soudan. Conçu initialement pour 20 000 personnes, il en abrite aujourd’hui près de 60 000, un triplement de sa capacité attribuable à l’exode massif déclenché en avril 2023.
Lors de cette visite, la question des Violences Basées sur le Genre (VBG), identifiée comme un risque majeur et croissant par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), a été au cœur des discussions. La Présidente des femmes réfugiées de Farchana a tiré la sonnette d’alarme, malgré les mesures de protection existantes, les femmes s’exposent à des agressions dès qu’elles doivent quitter le camp pour chercher du bois de chauffage ou travailler dans les champs.
Cette mission de terrain a permis aux responsables de recueillir des témoignages saisissants et d’esquisser des pistes d’action concrètes pour renforcer la sécurité, particulièrement sur les axes routiers et aux abords des sites. Le camp de Farchana incarne ainsi toute la complexité des défis humanitaires et sécuritaires que doit surmonter le Tchad, tout en témoignant de la résilience remarquable des communautés déplacées.
La mission poursuit désormais son travail à Iriba, dans la province de Wadi-Fira, où l’UNFPA continuera de porter la voix des femmes réfugiées, d’alerter sur les risques de VBG et de contribuer à combler les lacunes dans la réponse aux besoins de protection et aux recherches de solutions durables.
