La déclaration du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET), à quelques heures seulement de la rentrée scolaire, soulève plusieurs interrogations. Alors qu’un climat de tension et de menace de grève planait depuis le préavis du 8 septembre, le ton s’est adouci soudainement. Le bureau exécutif appelle désormais à la patience et au dialogue, repoussant ainsi une action revendicative qui paraissait inévitable.

Derrière ce retournement, deux lectures sont possibles. La première est celle d’une volonté sincère de privilégier la concertation, afin d’éviter une rentrée perturbée au détriment des élèves et des parents déjà éprouvés par les retards scolaires des années précédentes. La seconde hypothèse, plus critique, interroge sur de possibles pressions exercées sur les responsables syndicaux : ont-ils reçu des consignes politiques, des promesses ou même des avantages particuliers pour calmer les ardeurs de la base ?

Le timing de ce geste n’est pas anodin. Intervenir à la veille de la rentrée a sans doute pour effet d’apaiser momentanément les esprits et de donner l’image d’un syndicat responsable. Mais ce report ne fait que différer le problème de fond : la révision contestée du décret 477 de 1992. La patience exigée des militants peut se transformer en frustration si aucune avancée concrète ne se matérialise rapidement.

La question essentielle demeure : le dialogue engagé pourra-t-il réellement aboutir à un compromis juste et durable, ou s’agit-il d’un simple jeu d’attente destiné à étouffer la mobilisation ? La réponse viendra des actes posés par le gouvernement dans les semaines à venir et de la capacité du SET à rester ferme face aux promesses non tenues.

Reportage : Fakané Zebkalbé

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