Depuis plusieurs mois, les bassins de rétention, connus sous le nom de “Bouta”, ainsi que le fleuve Chari, continuent d’endeuiller la capitale tchadienne. Les victimes sont majoritairement des jeunes, des enfants et parfois des femmes, emportés par les eaux dans des circonstances diverses. Si certains cas relèvent de l’imprudence individuelle, d’autres soulèvent des interrogations plus larges sur les responsabilités partagées entre familles, communautés et autorités publiques.

Le drame le plus récent, survenu le 11 septembre 2025 près de l’ex-hôtel Santana dans le 7ᵉ arrondissement, illustre cette tragédie. Deux jeunes hommes s’étaient lancés dans un défi insensé consistant à traverser un bassin de rétention pour une mise dérisoire de 2000 francs CFA. L’un a pu regagner la rive, tandis que l’autre a trouvé la mort, son corps repêché seulement quelques heures plus tard. Cet épisode dramatique met en évidence le danger permanent que représentent ces plans d’eau en plein cœur de la capitale.

Au-delà de l’accident, ce type de comportement traduit une méconnaissance ou un déni du risque que représentent ces “monstres silencieux” qui avalent chaque année des vies. Ces bassins, censés protéger la ville contre les inondations, se transforment en véritables pièges pour des jeunes en quête de distraction ou de défis insensés.

Face à ce fléau, l’appel à la responsabilité collective devient pressant. Les communes d’arrondissement, les chefs traditionnels, les parents et même les établissements scolaires doivent inscrire la prévention et la sensibilisation au cœur de leurs priorités. Car au-delà des chiffres, ce sont des vies humaines qui s’éteignent dans l’indifférence, faute d’une réelle prise de conscience et d’une stratégie de protection adaptée.

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